Open World Conference of Workers

In Defense of Trade Union Independence & Democratic Rights

 

Appel pour la libération inconditionnelle et immédiate de : Norbert Tétévi GBIKPI-BENISSAN, Secrétaire général de l'UNSIT Pierre ALLAGA-KODEGUI, Secrétaire général de la FETREN/UNSIT

Ce vendredi 28 janvier 2000, des policiers de la Direction de la Police judiciaire (DPJ), se sont présentés, vers 6 H du matin, aux domiciles respectifs de :

- Pierre ALLAGA-KODEGUI, Secrétaire général de la Fédération des travailleurs de l'Enseignement de l'UNSIT (FETREN/UNSIT), Premier Secrétaire général adjoint du Syndicat national des enseignements technique, secondaire et supérieur (SNETSS);
- Norbert Tétévi GBIKPI-BENISSAN, Secrétaire général de l'UNSIT et Secrétaire général du SNETSS ;
aux fins de procéder ˆ leur arrestation pour les conduire au Bureau du Directeur général de la Police judiciaire, le Commissaire BABA Komna qui souhaitait les entendre.
Ce ne fut que chemin faisant que les policiers leur ont tendu un mandat d'arrët international (n¡ 08/2000), ordonnant leur recherche et leur conduite ˆ la Maison d'arrët du sige de Lomé pour y ëtre inculpé de Çdiffusion de fausses nouvellesÈ en vertu de l'article 58 du Code pénal.
Aprs avoir été entendu par le Commissaire BABA de la DPJ, ils ont été déférés auprs de Mme DJIDONOU Akpén, doyen des juges d'instruction au Tribunal de 1re Instance de Lomé o ils ont été longuement entendus, assistés par 5 avocats qui se sont spontanément constitués pour assurer leur défense.
Malgré toutes les interventions faites par les avocats pour obtenir leur libération provisoire jusqu'ˆ l'audience qui doit conna”tre de cette affaire, et au regard surtout du handicap et de l'état de santé du camarade Pierre ALLAGA-KODEGUI qui est aveugle et souffre d'hypertension artérielle, Mme le Doyen des juges d'instruction a refusé d'accéder ˆ cette demande.
C'est alors qu'ils ont été conduits ˆ la Prison civile de Lomé o ils ont été incarcérés vers 10 H.

QUE LEUR REPROCHE-T-ON ?

D'avoir fait état, dans une lettre au Général Akawilou Sizing WALLA, Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, du décs d'une jeune lycéenne lors de l'intervention brutale des forces de Police contre une réunion des étudiants et élves qui se tenait tout ˆ fait pacifiquement et sereinement au Lycée d'Agbalépédogan ˆ Lomé, le mardi 7 décembre 1999, information qui s'est avérée inexacte par la suite.
En effet, les informations obtenues ultérieurement indiquent que cette lycéenne, cherchant ˆ fuir cette répression, a fait une mauvaise chute, est tombée sur la tëte et s'est évanouie, tombant dans le coma.
Emmenée au Centre hospitalier universitaire du Campus de l'Université du Bénin ˆ Lomé, elle s'y est réveillée dans la nuit et a été libérée par les médecins, le lendemain, jour o elle est rentrée ˆ son domicile.

Dans un premier temps, il a été difficile d'obtenir la confirmation ou l'infirmation de l'information sur son décs, le Lycée d'Agbalépédogan et tout le quartier ayant été bouclé par les forces de la Police, de la gendarmerie et de l'armée.
Il est ˆ faire remarquer que l'arrestation et l'incarcération de Norbert GBIKPI-BENISSAN et de Pierre ALLAGA-KODEGUI, ce vendredi 28 janvier 2000, intervient trois jours avant l'audience du procs intenté par l'UNSIT, la FETREN/UNSIT et le Conseil des étudiants de l'Université du Bénin (CEUB) contre les médias d'Etat :

Télévision togolaise ( TVT ), Radio-Togo et Togo-Presse . Ces derniers avaient diffusé les allégations mensongres et diffamatoires du Général Akawilou Sizing WALLA, Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation contre l'UNSIT, la FETREN/UNSIT et le CEUB, organisateurs de la Marche pacifique du 8 novembre 1999, qu'il accusait d'ourdir, faux documents ˆ l'appui, un complot international contre l'Etat togolais, ses institutions et sa population.
Cités ˆ compara”tre ˆ l'audience du 17 janvier 2000 du Tribunal correctionnel de la ville de Lomé, ils avaient refusé de se présenter ˆ cette audience.
Par ailleurs, il n'est pas sans intérët de faire remarquer que ces arrestations et incarcérations interviennent 16 jours aprs que, dans son message ˆ la nation, le 12 janvier 2000, veille de la célébration du 33e anniversaire de son accession au pouvoir, Mr GNASSINGBE Eyadéma, Président de la République togolaise, ait proféré des menaces et tenu ˆ Çmettre en garde contre les provocations, les incitations au soulvement et les activités de nature ˆ troubler l'ordre public, sous quelque prétexte que ce soit, les dirigeants des syndicats et surtout les enseignants retraités (les camarades Norbert GBIKPI-BENISSAN et Pierre ALLAGA-KODEGUI sont des retraités - NDLR) qui reviennent au devant de la scne pour manipuler les étudiants en prenant leurs rëves pour des réalitésÈ et que Ç l'Etat ne tolérera pas que la crise conjoncturelle que nous traversons soit un prétexte pour paralyser les activités des établissements scolaires et des autres secteurs de l'économie.È

Il y a lieu de préciser que depuis la rentrée scolaire 1999-2000, officiellement fixée au 18 octobre 1999, les enseignants des 1er, 2e et 3e degrés observent, ˆ l'appel de la FETREN/UNSIT, un mouvement de grve pour obtenir la satisfaction de leurs justes et légitimes revendications portant essentiellement sur le paiement de plusieurs mois d'arriérés de salaires, d'indemnités et de subventions, l'intégration des enseignants auxiliaires (au statut précaire) ˆ la Fonction publique et l'annulation du projet de classe ˆ double flux.

En procédant ˆ l'arrestation des Secrétaires généraux de l'UNSITet de la FETREN/UNSIT, c'est ce mouvement de grve que le gouvernement togolais cherche ˆ décapiter, ce, en violation flagrante de la Constitution de la IVe République et de l'OIT ratifiés par l'Etat togolais, qui garantissent le droit de grve ainsi que les libertés syndicales.

CECI EST INACCEPTABLE :

C'est pourquoi, l'UNSIT et la FETREN/UNSIT exigent la libération inconditionnelle et immédiate de Pierre ALLAGA-KODEGUI, Secrétaire général de la FETREN/UNSIT et de Norbert Tétévi GBIKPI-BENISSAN, Secrétaire général de l'UNSIT et tiennent les autorités togolaises pour responsable de leur sécurité.

L'UNSIT et la FETREN/UNSIT lancent un appel pressant ˆ toutes les organisations syndicales, démocratiques, ˆ tous les partis et ˆ toutes les associations qui se réclament de la démocratie ˆ se mobiliser pour exiger leur libération inconditionnelle et immédiate.
Adresser télégrammes, Fax, E-Mails et prises de position ˆ :

Mr Gnassingbé Eyadéma

Président de la République - Palais présidentiel
Avenue de la Marina - Lomé (Togo)
Tél. : (228) 21 19 51/21 27 01/21 34 05
Fax : (228) 21 18 97/21 32 04
Email: http://www.republicoftogo.com/english/ecrir-pdt.htlml

Mr Eugne Koffi ADOBOLI

Premier ministre, Chef du gouvernement
Palais de la Primature - Lomé (Togo)
Tél. : (228) 21 29 52
Fax : (228) 21 37 53/21 20 40

Général de brigade SEYI Mémne

Garde des sceaux, Ministre de la Justice
Lomé (Togo) - Tél. : (228) 21 26 53/21 54 91
Fax : (228) 22 29 06
(Prire d'en adresser une copie ˆ l'UNSIT, aux coordonnées figurant au bas de la premire page)

Lomé, le 28 Janvier 2000, 16 H 10
Pour l'UNSIT Pour la FETREN/UNSIT
Le Secrétaire général adjoint Le Secrétaire général adjoint

Yves Komlan DENADOU Pierre M. Vissikou SENOUVO

Prèsident de la Rèpublique - Palais prèsidentiel
Avenue de la Marina - Lomè (Togo)
Tèl. : (228) 21 19 51/21 27 01/21 34 05
Fax : (228) 21 18 97/21 32 04
Email: http://www.republicoftogo.com/english/ecrir-pdt.htlml

Mr Eugéne Koffi ADOBOLI

Premier ministre, Chef du gouvernement
Palais de la Primature - Lomè (Togo)
Tèl. : (228) 21 29 52
Fax : (228) 21 37 53/21 20 40

Gènèral de brigade SEYI Mèméne

Garde des sceaux, Ministre de la Justice
Lomè (Togo) - Tèl. : (228) 21 26 53/21 54 91
Fax : (228) 22 29 06
(Priére d'en adresser une copie ˆ l'UNSIT, aux coordonnèes figurant au bas de la premiére page)

Lomè, le 28 Janvier 2000, 16 H 10
Pour l'UNSIT Pour la FETREN/UNSIT
Le Secrètaire gènèral adjoint Le Secrètaire gènèral adjoint

Yves Komlan DENADOU Pierre M. Vissikou SENOUVO

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